Vous êtes ici

Retour sur : Forum Auvergne-Sénégal

Jeudi, 5 Novembre, 2015



Et si l'avenir des entreprises françaises se jouait en Afrique ? Pour les grands groupes et PME auvergnats, le doute n'est plus permis. Une délégation sénégalaise d'acteurs politiques et économiques de premier plan a fait le déplacement jusqu'à Clermont-Ferrand pour démontrer à leurs dirigeants, en transparence et en fraternité, sans langue de bois mais avec conviction, qu'un nouvel El Dorado existe... et que cet El Dorado s'appelle... Sénégal.

« Si dans cinq ans, six ou sept entreprises auvergnates ont développé de l'activité avec leurs homologues sénégalaises, nous aurons réussi notre pari. » Alain Martel risque d'être surpris. Un peu comme ce jour de novembre 2015, le 5 pour être précis, où, alors qu'au lancement du projet il espérait 70 participants, il a vu s'installer 200 décideurs institutionnels et économiques, Français et Sénégalais, sur les bancs de la salle d'assemblée de l'Hôtel de Région.



Délégué Auvergne du Groupe EDF, l'homme est tenace, déterminé. Son bourdon de pèlerin bien en main, il a su patiemment fédérer autour de ce projet des acteurs des deux pays, notamment l'ARDE Auvergne, dont il est l'un des administrateurs, qui a accepté d’organiser et de cofinancer ce 1er Forum Economique Auvergne-Sénégal, mais aussi douze entreprises partenaires, sponsors privés de l'évènement. « Les bonnes affaires ne peuvent naître que de rencontres entre des personnes. L'idée aujourd'hui est de nouer des liens et si ces liens entraînent du développement économique, nous serons heureux. » Hamid Berkani, Président de l'ARDE, et Alain Martel en sont intimement convaincus.

Le 1er Forum Economique Auvergne-Sénégal comme si vous y étiez... Pour visionner le film « Construire ensemble les opportunités de demain ! », cliquez sur l'image ci-dessous

8% de croissance en 2018 ! 

Ce 5 novembre fut en effet placé sous le signe des échanges, multiples et variés : en B to B tout au long de la journée, dans des ateliers consacrés à trois secteurs porteurs - les infrastructures et l'énergie, la santé, l'agriculture – et lors d'une plénière durant laquelle les entreprises ont pu découvrir le potentiel du Sénégal. Car, comme l'exprimait le Président de Région, René Souchon, à l'Ambassadeur du Sénégal en France, Bassirou Séné : « le Sénégal reste un modèle pour l'Afrique. Vous avez mis en place en très peu de temps la Couverture Maladie Universelle. Vous avez créé une allocation pour les 200 000 familles les plus démunies...  » Modèle social, ce pays demeure aussi un modèle démocratique. Sa stabilité politique est mise au service d'une dynamique économique : déjà il affiche 5% de croissance pour 2015 et envisage d'atteindre 8% dès 2018.

La dynamique sénégalaise se cristallise autour du Plan Sénégal Emergent (PSE). Ce plan de développement ambitieux pour diversifier l’économie du pays et engager une dynamique de croissance forte prévoit 103 projets de grande envergure sur 10 ans avec 5,6 milliards d’euros réunis par les bailleurs internationaux. « Nous prévoyons la construction de 1100 km de routes, particulièrement des autoroutes. Nous disposons d'un potentiel de 4 millions d'hectares de terres arables, alors les entreprises agricoles sont les bienvenues... », donne en exemples Amadou SANO, Directeur Marketing de l'Agence de Promotion des Investissements et Grands travaux au Sénégal (APIX), qui promeut le PSE dans le monde entier.

3 milliards de consommateurs en ligne de mire

En réalité, des infrastructures au tourisme, en passant par l'agriculture, la production d'énergie, l'industrie pharmaceutique, la santé, l'éducation, les nouvelles technologies..., tous les secteurs de l'économie sont visés. « Tout peut être fait au Sénégal, il suffit juste d'exploiter les opportunités d'investissements qui s'y présentent ou de faire preuve d’innovation et de créativité pour profiter des niches qui ne sont pas encore découvertes. »

Afin de renforcer son attractivité, le Sénégal a mis en place de nombreuses mesures : facilité de création d'entreprise, allègements fiscaux, accès préférentiel aux marchés internationaux... Fait particulièrement appréciable, les entreprises étrangères bénéficient des mêmes avantages que les compagnies nationales, notamment en matière d'exportations. Réputé pour être une porte ouverte sur l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest, le Sénégal devient alors une fenêtre sur le marché mondial. « Sur le plan commercial, le Sénégal a une ouverture avec l'ensemble de l'Afrique, l'Europe, l'Asie et les Etats-Unis, explique Malick Diop, Directeur Général de l'ASEPEX, Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations. Au total, cela représente un marché de 3 milliards de consommateurs que l'ont peut toucher avec des accès préférentiels. »

Une porte grande ouverte pour les PME auvergnates

L'APIX, l'ASEPEX mais aussi les Chambres de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture (CCIA) et l'Agence de Développement et d'Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) ont témoigné de leur volonté d'accompagner sur place les PME auvergnates désireuses de tenter l'aventure sénégalaise. Cependant, une force du politique est d'avoir su écouter le monde économique pour élaborer le PSE. Conclusion, les plus grands syndicats patronaux du pays soutiennent ce plan. Leurs représentants avaient fait le déplacement à Clermont-Ferrand pour motiver les troupes. « En France, les grandes entreprises nous connaissent mais les PME ne nous connaissent pas encore, pourtant ce sont elles qui exportent. Des discussions sérieuses ont déjà commencé avec des PME, ici, et c'est cela qu'il faudra renforcer », soutient Baidy Agne, 1er Vice-Président du Conseil Economique, Social et Environnemental et Président du Conseil National du Patronat du Sénégal. Mansour Cama, Président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal, souligne l'intérêt de créer des partenariats : « L'association entre investisseurs étrangers et locaux est une règle importante de la réussite car nous apportons une connaissance du milieu et sommes aussi intéressés au développement ».

Tous sont prêts à ouvrir leurs carnets d'adresses, conscients que disposer d'un réseau sur place représente la clef indispensable du succès. C'est la promesse faite aux participants par Gérard Sénac, Président du Conseil des Investisseurs Européen au Sénégal (CIES) : « Le CIES représente entre 35 et 40% des recettes fiscales du Sénégal, c'est la preuve que les entreprises étrangères peuvent travailler dans ce pays. Et nous pouvons le faire parce que nous sommes fondus dans l’écosystème. Nous travaillons avec les entreprises et l'administration sénégalaises. Moi-même et mes collègues sommes disponibles pour vous aider à faire votre entrée au Sénégal. »



« Aujourd'hui, on peut faire du business en Afrique ! »

Alors oui, Alain Martel risque d'être surpris et de revoir ses ambitions à la hausse car, à écouter les témoignages de plusieurs chefs d'entreprise au sortir de cette journée, des contacts sérieux ont été pris, des relations se sont nouées et des partenariats semblent en bonne voie. La veille même du forum, Limagrain, Michelin, Ingérop, Almerys, CSP, l'IFMA et l'APAVE avaient ouvert leurs portes à la délégation sénégalaise. « Une passerelle a été tendue, une dynamique a été créée, il nous faut poursuivre », sourit Cécile Cubizolle. Responsable du Pôle international à l'ARDE, véritable cheville ouvrière de l'organisation de ce forum. « Avec CCI International et Business France, nous sommes pleinement mobilisés pour accompagner au mieux les entreprises auvergnates volontaires pour l'aventure. Notre vrai boulot commence maintenant. Et il faut battre le fer tant qu'il est chaud ! » Voilà une belle réponse à l'exhortation de Bassirou Séné, Ambassadeur du Sénégal en France : « Ceux qui traînent risquent de perdre. Nous avons un marché puissant, c'est maintenant qu'il faut se positionner et non pas attendre que l'Afrique soit une puissance pour venir se bousculer à ses portes. »

Grand témoin de la journée, l'ancien Ministre de la Coopération, Michel Roussin, martèle son crédo : « l'Afrique est pour nous la nouvelle frontière si nous voulons continuer à nous développer. Nous avons cette opportunité d'être encore un enfant gâté de l'Afrique car nous avons des liens si anciens et si profonds que sont notre langue et notre histoire. A nous de savoir la saisir car pendant que nous, les Français, louons cette belle fraternité qui nous unis aux Africains, les Brésiliens, les Marocains, les Estoniens, eux, agissent. Alors, nous devons investir, et si avant c'était angoissant d'investir sur ce continent, maintenant des garde-fous ont été mis en place et aujourd'hui, on peut faire du business en Afrique. » Au final, le 5 novembre dernier, c'est une vision bien différente de celle dépeinte habituellement qui fut proposée aux participants du 1er Forum Economique Auvergne-Sénégal. La vision d'une autre réalité... Trop souvent décrite comme une vallée de larmes et de misère, l'Afrique devient aussi une terre d'avenir et d'opportunités...

Ils en ont parlé : Découvrez la REVUE DE PRESSE.

Télécharger cet article en version PDF

Ce Forum a été animé par Eric FAYET.

CONTACT ARDE Auvergne : 

Cécile CUBIZOLLE : +33 (0)4 73 19 60 21 - c.cubizolle@arde-auvergne.com





Événement
International