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Le concept Batipack : interview de Jean-Pierre Ladvie

Jean-Pierre Ladvie : « Une activité très innovante en milieu rural »

L’Auvergnat de l’année 2011 a créé le concept Batipack, assemblage breveté de panneaux de bois permettant de monter une maison… en deux jours !

 

Pourquoi avoir choisi Aurillac pour implanter votre entreprise ?

Jean-Pierre Ladvie : En 2006, après trente-cinq ans dans le monde de la montagne, j’ai voulu changer de métier, à 50 ans ! Dix-huit mois d’études ont permis de mûrir mon concept d’éco-construction bois, avant que les circonstances prolongent mes liens familiaux avec le Cantal : GMV Ameublement, en dépôt de bilan, possédait le parc de machines à commandes numériques nécessaire à la fabrication de Batipack.

Une opportunité d’affaires, donc ?

Jean-Pierre Ladvie : Pas seulement. En Auvergne, il y a un état d’esprit que j’apprécie. En jargon de manager, on parle de « fiabilité des masses salariales ». Moi je dis qu’ici, les gens sont attachés à leur cadre de vie et à leur entreprise. C’est précieux.

En quoi consiste le concept de BatiPack ?

Jean-Pierre Ladvie : Il s’agit d’un assemblage de caissons en panneaux OSB4 renfermant de la laine de roche. La solidité de l’ensemble repose sur le principe de tenségrité, par la répartition et l’équilibre des contraintes mécaniques. Une sorte de précontraint en bois. 

En rupture avec les standards du parpaing, de la brique ou du béton cellulaire !

Jean-Pierre Ladvie : Totalement, et avec les hautes performances thermiques et parasismiques du bois. De plus, ce matériau écologique affiche des coûts inférieurs à ses concurrents. Et l’un de ses atouts majeurs reste la rapidité de la mise en œuvre.

En quoi BatiPack offre-t-il une exécution plus rapide ?

Jean-Pierre Ladvie : Les architectes ou les maîtres d’ouvrage nous envoient leurs plan et nous réalisons ici, par ordinateur, le calepinage complet de toute la construction. Quand les éléments quittent nos ateliers, on peut dire que la maison est quasiment terminée. Elle sera montée sur site, sans ajustements ni coups de scie, au rythme de 50 m2 par jour, soit en deux ou trois jours pour une maison classique.

Y a-t-il des réserves, des maisons non réalisables en Batipack ?

Jean-Pierre Ladvie : Aucune.

L’Auvergne est un pays de bois : votre matière première est-elle locale ?

Jean-Pierre Ladvie : La laine de roche que nous utilisons est produite ici mais malheureusement pas le bois. Dans notre région, la filère présente des maillons de 1re transformation, les scieries et quelques entreprises de 3e transformation comme nous, mais manque d’acteurs de 2e transformation.

L’originalité et les exigences de fiabilité de Batipack supposent un haut niveau de R&D…

Jean-Pierre Ladvie : Jusqu’ici, ce poste a représenté plus de 10 % de notre chiffre d’affaires, avec une enveloppe d’environ 180 K€, pour un CA de 1,2 M€ en 2011 (prévisionnel 2012 de 1,9 M€ pour un effectif de 23 ETP, ndlr). Mais là, nous nous calmons un peu. La R&D porte désormais sur l’optimisation de la production - Nous devons gagner 30% de productivité en un an - et le dépôt de deux brevets pour protéger dans dix pays notre système d’assemblage et ses vertus parasismiques.

De votre point de vue, pourquoi avez-vous été élu Auvergnat de l’année 2011 ?

Jean-Pierre Ladvie : Difficile d’être juge et partie. Mais je crois que créer en milieu rural une activité très innovante a surpris ! Les Cantaliens eux-mêmes disaient : « On en peut rien faire à Aurillac ; il n’y a pas de route »… Nous avons donné la preuve du contraire. Et avec une qualité de vie exceptionnelle !

 

Wood Way SAS, ZI de Sistriere, rue Félix-Daguerre, 15000 Aurillac.

Tél. 04 71 45 04 08.

Site internet : www.woodway.fr.

E-mail : accueil@woodway.fr.

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