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Jean-Christophe Sergère, de Setubio : « De nouveaux actifs pour l'industrie mondiale »

Créée en avril 2006, installée depuis 2008 au Bioparc de Vichy-Hauterive et sur le site du Naturopôle de Saint-Bonnet-de-Rochefort depuis janvier 2012, Setubio est une entreprise de biotechnologies spécialisée en micro-biologie et en parasitologie. A la fois unité de recherche et prestataire de services dans les univers de la santé, de la cosmétique ou de l’alimentation, Setubio et ses chercheurs ont développé des outils uniques pour identifier de nouveaux actifs, en particulier issus de la biodiversité. Entretien avec Jean-Christophe Sergère, docteur en microbiologie et président co-fondateur de l’entreprise.

 

Sous l’angle purement économique, quels sont les indicateurs les plus marquants de votre activité aujourd’hui ?

Jean-Christophe Sergère : Avec un effectif de 11 personnes, notre chiffre d’affaires de 460 K€ signe une croissance annuelle à plus de 30 % depuis trois ans et deux exercices bénéficiaires.

Quels sont les dossiers qui occupent actuellement Setubio ?

JCS : Dans le domaine de la nutrition-santé humaine, nous avançons par exemple avec le leader français 3I Nature sur le façonnage de compléments alimentaires allégués et la réalisation de médicaments d’origine végétale. Dans le secteur de la cosmétique, nous travaillons avec les principaux leaders européens sur de nouveaux actifs, particulièrement en dermo-cosmétique. Et dans le cadre d’un programme soutenu par Oseo, nous avons un important dossier en cours avec le groupe Roquette, 3e géant mondial de l’amidon et leader des polyols.

Ce positionnement très en amont de la chaîne des valeurs répond-il à un choix stratégique ?

JCS : Oui, clairement. Et ce positionnement auprès de producteurs industriels ou commerciaux qui sont tous leaders européens ou mondiaux reste directement lié à notre cœur de métier, en rupture avec les modèles habituels.

En quoi consiste-t-il ?

JCS : Setubio a adopté une stratégie à l’inverse des pratiques classiques de crible de principes actifs : plutôt qu’un nombre limité de technologies d’analyse, effectuées selon un crible massif à partir d’une très grande collection, notre expertise en microbiologie et en parasitologie se fonde sur un système original où le module variable n’est pas l’échantillon mais le test.

Comment l’expliqueriez-vous à l’homme de la rue ?

JCS : Par exemple, dans l’industrie pharmaceutique, face à une pathologie donnée, 10 000 molécules vont être testées pour trouver les actifs les plus intéressants. Nous, c’est l’inverse. Nous partons d’un nombre restreint de ressources extraites de la bio-diversité, micro-algues, plantes, champignons ou épices, disponibles en gros volumes, peu coûteux et bénéficiant déjà d’autorisations pour des applications animales ou humaines, puis nous pratiquons des dizaines de tests différents. Nous disposons aujourd’hui de près de 3 000 échantillons qui ont été passés au crible de façon exhaustive.

Quelle est aujourd’hui votre part de recherche propre ?

JCS : Notre business model est en pleine mutation ! En 2010, notre chiffre d’affaires était presqu’exclusivement constitué de sous-traitance de recherche. En 2011, cette activité nous a permis de commencer à financer notre recherche propre, pour environ 5% du CA. Cette année, nous avons commencé à commercialiser directement ces travaux. 2013 verra le dépôt de licences et la fourniture de matières première à partir de notre R&D. Et en 2015, la quasi totalité de notre chiffre d’affaires devrait reposer sur le vente de notre recherche propre.

Ces prévisions semblent peu intégrer la volatilité actuelle des marchés européens…

JCS : Notre positionnement très en amont de marchés certes extrêmement mouvants nous permet de gérer plus sereinement une diversification assez « chronologique ». Notre recherche propre nous conduit à explorer, de façon assez systématique, les marchés de la cosmétique, puis de l’alimentation animale, de la nutrition humaine et de la santé.

Dans cette aventure, en quoi l’Auvergne est-elle un territoire favorable pour le développement de projets innovants ?

JCS : L’Auvergne, ce sont mes racines ! Mais au-delà de l’attachement affectif, je reste imprégné de cette culture disons « paysanne », très pragmatique : faire des biotechnologies sur ordinateur, c’est bien, mais ce sont les applications auprès des industriels qui font manger ! L’autre argument réside dans un soutien clairement affirmé : l’Etat, Oseo et le conseil régional ont créé ici un écosystème plus que favorable à l’innovation. Enfin, et par conséquent, cette dynamique fédère des savoir-faire très complémentaires dans une unité de lieu et d’interlocuteurs.

Concrètement ?

JCS : Sans exagérer, le chef de projet d’un grand groupe peut arriver ici avec une simple idée et repartir avec son produit fini !

Setubio ZA Bioparc de Vichy-Hauterive, rue Michel-Renaud, 03270 Hauterive.

Tél. 04 70 59 09 20.

Site : www.setubio.fr.

Contact : info@setubio.com

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